VIH désigne le Virus de l'ImmunodéficienceHumaine. Ce virus,lorsqu'il pénètre dans le corps par voie sexuelle ou sanguine, a pourparticularité de s'attaquer à l'un des composants essentiels du système immunitaire, les lymphocytesT, qui assurent la défense de notre organisme contre les microbes. On dit alorsque la personne est séropositive.Des maladies graves peuvent alors se développer: on les appelle "maladiesopportunistes". Lorsqu'une personne a une ou plusieurs maladies de cetype, on dit alors qu'elle a le sida(Syndrome d'Immuno Déficience Acquise). Selon les estimations, près de 33millions de personnes seraient actuellement infectées à travers le monde dont150.000 en France. Le VIH estactuellement la principale pandémie mondiale et tue chaque année plus de2 millions de personnes. Bien que des traitements existent, ils ne sont pastoujours efficaces et plus de 70% des personnes touchées dans les pays en voiede développement n’y ont pas accès.
Lesrecherches sur le sida, une priorité pour l'Institut Pasteur
C'esten 1983 qu'une équipe de l'InstitutPasteur isole pour la première fois le virus responsable du sida. C'està partir de cette découverte et de l'interaction exemplaire qu'il y a eu entreles spécialistes des différentes disciplines que des progrès ont pu êtreréalisés. Plus de 20 ans après, le sida reste un fléau et donc un champ derecherches prioritaire pour l'Institut Pasteur. Il s'agit de recherches surl'évolution de l'infection, la variabilité du virus, les mécanismes d'entrée etde multiplication du VIH dans les cellules humaines, la transmission du virus -y compris entre la mère et l'enfant - et bien sûr, les traitements et lescandidats-vaccins.
La transmission mère-enfant
2,5 millions d’enfants de moins de 15ans sont infectés par le VIH dans le monde et 90% des cas sont dus à unetransmission mère-enfant.
Médecins et scientifiques ont mené les investigations cliniques pendant 22 moischez plus de 7 500 femmes enceintes, dont 678 infectées au cours de leurgrossesse.
Avec Alain Michault et d’autres collègues du Groupe Hospitalier Sud Réunion, le laboratoire de Marc Lecuit à l’InstitutPasteur a participé à une étude prospective, en suivant toutes lesfemmes enceintes pendant l’épidémie. L’existence d’une transmission du virus dela mère à l’enfant et son mécanisme éventuel n’étaient alors pas connus. Enconfrontant des données expérimentales invivo, d’autres in vitro,et des données épidémiologiques, le mécanisme a pu être mis en lumière. « Nousavons pu montrer, en mars 2008, que la transmission du virus ne se faisaitqu’au moment de l’accouchement chez les mères infectées. Ensuite, nous avonsdémontré que le virus n’infectait pas les cellules du placenta, aussi bien in vivo que in vitro. En revanche, au moment de la naissance, si le sangmaternel contient des quantités de virus très importantes, le virus peutatteindre l’enfant à naître s’il existe de petites brèches dans le placenta. »
Lestraitements
L'InstitutPasteur travaille par exemple à l'améliorationde la trithérapie. Associant la prise de trois antirétroviraux (ARV),elle permet de contrôler la multiplication du VIH et d'empêcher saprolifération, mais elle a de nombreuxeffets secondaires lourds pour les patients. De plus, cette trithérapiereste chère et n'est pas accessible à tous les pays sous-développés ou en voiede développement.
La recherche vaccinale
La nécessité d'unvaccin peu coûteux et pouvant être largement distribué est plus que jamaisd'actualité. L'Institut Pasteur a donc développé un projet visant à élaborer unvaccin anti-sida à partir du vaccinrougeole. Le vaccin contre la rougeole est constitué d'un virus vivantatténué, qui confère une très bonne immunité, protectrice à vie, après uneseule injection. L'objectif est de faire un vaccin dit "recombinant", c'est-à-dire d'introduiredeux à trois gènes du VIH dans le génome du virus atténué de la rougeole. Seulinconvénient: ce vaccin serait essentiellement à visée pédiatrique, la plupartdes adultes étant déjà vaccinés contre la rougeole. Les premiers résultatsobtenus chez la souris et le primate se sont révélés encourageants. Des essaiscliniques doivent désormais être réalisés chez l'homme.
Les cellules qui arrêtent le virus du Sida
De rares individus infectés par le virus du sida, appelés « contrôleurs duVIH», contrôlent l'infection et ne développent pas la maladie malgré plus de 10ans de séropositivité et l'absence de traitement. En collaboration avecl'Hôpital Bicêtre, une équipe de l'Institut Pasteur et une équipe de l'Insermont montré que les cellules tueuses (T CD8) des ces individus sont capablesd’éliminer très efficacement les cellules infectées par le VIH. Ces résultats,sont susceptibles d’avoir des implications importantes pour l'immunothérapie dusida et la recherche d'un vaccin..