J’ai comme un goût de violon dans la bouche. L’entendez-vous ? Il vient de si loin, Il s’est épuisé à traverser les temps, les orages, les absences, les déraisons, les abandons, Il s’est épuisé à traverser les cassures, les brisures, les déserts, les solitudes, les abattements, Il s’épuise encore à traverser les exaltations, les passions, les espoirs. Il a tout traversé, et il surnage, et il survit, et il s’essouffle. L’entendez-vous sous les cendres ? L’entendez-vous sous les feuilles qui tombent des arbres dans les aurores automnales ? L’entendez-vous sous les mots qui s’échappent encore de moi ? Dites-moi que vous l’entendez, ce violon. Dites-le-moi, je vous en prie… Je ne suis pas une âme calleuse qui cherche l’absolution au fond des abbayes. Je suis une âme perdue qui hante et erre, la nuit sous la lune opalescente Et qui pleure, mais pas encore assez sans doute Et qui prie, mais pas encore assez je crois… Je ne suis qu’une âme torturée et vacillante Dans la tremblance des soirs sans nom
Des larmes qui sont comme des couteaux plantés dans l'œil
Des jours sans nuit et des nuits sans jour
Du sang giclant de cette plaie béante qui ne se fermera jamais
La naissance
Des lumières obscures sondant le gouffre de la mémoire
Des nuages promenant leur ennui sur les remparts d'un horizon inaccessible
Des étoiles bruissant de tristesse
Des hurlements brisant les chaînes de la raison
Des blessures nées de l'union malheureuse de l'illusion et du mensonge
Des silences lourds de moissons qui ne seront jamais faites
Le poison visqueux d'une histoire sans fin
Des souvenirs transis du froid de la solitude
Une souffrance qui colle à la peau
Il pleut
Des mots
Des mots de révolte
De désespoir
D'amertume
De chagrin
De mélancolie
Il pleut
Des mots
Et
Seul
Je regarde cette pluie de mots
S'évanouir
Inutilement
Dans le désert de ma solitude
----- MERCI ROSE .
rose12345 (5 an(s))
je suis sensible je l'avoue à de si belles expresions , j'ai senti que vous avez tant d'energie et tant d'émotion ,votre violon qui vous prend comme une vague et vous dirige vers un torrant de sentiments qui vibre au fond de vous déclencher tant de passions fait surgir le passé et le présent comme une lueur qui s'affaiblie avec le temps et l'éspace mais elle est là ,elle est là quelques part .on est souffrants on a du mal à naviguer , l'harmonie resemble à un flux d'energie à l'interieur de son logi , à l'image d'un cour d'eau on se demande s'il circule bien s'il faut des méandres .si les paroles vous échappent elles figurent dans la sonnerie de votre violon . je vous offre un poème de Charles Baudelaire extrait de son livre " les fleurs du mal " un voyage à Cythère - Mon coeur , comme un oiseau ,voltigeait tout joyeux Et planait librement à l'entour des cordages ; le navire roulait sous un ciel sans nuages , comme un ange enivré d'un soleil radieux Quelle est cette île triste et noire ? c'est Cythère , Nous dit-on , un pays fameux dans les chansons , Eldorado banal de tous les vieux garçons Regardez ,après tout, c'est une pauvre terre . -île des doux secrets et des fêtes du coeur ! De l'antique Vénus le superbe fantôme Au -dessus de tes mers plane comme un arôme , Et charge les esprits d'amour et de langueur Belle île aux myrtes verts , pleine de fleurs écloses, Vénérée à jamais par toute nation . ou les soupirs des coeurs en adoration Roulent comme l'encens sur un jardin de roses ou le roucoulement éternel d'un ramier ! -Cythère n'était plus qu'un terrain des plus maigres , un désert rocailleux troublé par des cris aigres . j'entrevoyais pourtant un objet singulier ! ce n'était pas un temple aux ombres bocagères , ou la jeune prêtresse , amoureuse des fleurs , Allait , le corps brûlé de sectrèt