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Par : lorka
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  Patience / Ettouffée de rage et d'indignation
Date de publication : 25/08/2008

Préface :

Ces poèmes ne sont ni miens, ni à un autre que moi.

Patience

Poème de nulle part, d’ailleurs et de partout

Poème de rien, de n’importe quoi de tout

Poème sans guerre poème sans conflit,

Poème sans loi, sans règle, anarchique,

Poème d’amour, de sympathie, de haine

Poème sensuel, colérique, rugueux.


Amour de la vie, éternelle flamme,

Amourette qui vient, s’en va.

Antipathie de l’homme, sympathie de la femme,

Amnésie internationale des codes moraux


Tout va bien, tout va mal et la vie s’écoule

Telle le torrent des montagnes

Tantôt ruisselant, tantôt dévalant au galop.

Trop de sang s’y est baigné en se prélassant

Trop de cadavres y ont flotté maintenant

Trop d’armées ont piétiné ce sol.

Tyrannies, tortures, vols, soumission

Tout est réunit pour que la mort s’y plaise.


Insomnie meurtrière, fâcheuse obsession,

Insupportable domination des bergers sur les moutons,

Insalubre porcherie, cercle vicieux,

Impossible problème de l’hérédité.


Énoncé mortuaire, funèbre oraison

Envolée suicidaire d’homme malades

Endoloris par le culte, la religion

Engoncés dans l’ignorance, martyrisés.

Naissance d’une nouvelle mort qui

N’en termine jamais, infatigable.

Nativité précoce d’un rejeton déformé

Naturelle souffrance du nourrisson

Notion d’orgueil, il est fier l’homme se suffisant.


Cascade éternelle, fluide mortel

Cycle de survie en amont du temps

C’est l’horreur, la misère

Cachant la joie par le malheur.

Côte abrupte, gouffre béant :

Costume de réalité, masque de vie.

Coupure cicatrisée de la nouvelle patrie…


Et voilà qu’il revint, il recherche la patience.


Vandon Vincent/10/09/2003

xquise.hautetfort.com/.../cover-lecri.jpg

http://basta.20six.fr/basta/art/99153243/

http://fr.blog.360.yahoo.com/blog-PuWUUbE7eqXeO2nGZzWNcQ--?cq=1&p=883

 
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  MAHMOUD DARWICH, PAROLES DE PROPHETE ?
Date de publication : 11/08/2008
Disparition. Le poète palestinien traduit dans le monde entier, qui fut proche d’Arafat, est mort samedi à 67 ans.

Les étoiles n’avaient qu’un rôle :
M’apprendre à lire
J’ai une langue dans le ciel
Et sur terre, j’ai une langue
Qui suis-je ? Qui suis-je ?
[…]

Extraits du poème Dispositions poétiques, dans Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude, trad de l’arabe par Elias Sanbar, éditions Actes Sud 1996, page 79

Une vie, un poète, pourquoi ? Parce qu’il y a des poètes, des poètes qui vivent une histoire s’inscrivant dans une langue, un pays, le monde. A travers la planète, des dizaines, des centaines de poètes ont connu ou connaissent un destin particulier, souvent lié à l’histoire de leur pays ou leur vie particulière. Certains d’entre eux ont profondément marqué la littérature ou sont devenus de véritables légendes. Mon regard s’est donc tourné naturellement vers Mahmoud Darwich, poète de Palestine, poète de l’exil, chef de file de la poésie arabe contemporaine pour débuter une grande promenade, une nouvelle rubrique, auprès des poètes dont le destin n’est pas sans rapport avec leur poésie.


[…]
Un nuage dans ma main me blesse
Je n’exige pas de la terre plus que cette terre
Les senteurs de la cardamome et de la paille
Entre le cheval et mon père
Un nuage dans ma main m’a blessé
Je n’exige pas du soleil plus qu’une orange, et
L’or qui coule de l’appel à la prière
[…]

Extrait du poème Un nuage dans ma main, dans Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude, trad de l’arabe par Elias Sanbar, éditions Actes Sud 1996, page 19

La poésie de Mahmoud Darwich, souvent qualifiée de lyrisme épique, célèbre la terre du poète, La Palestine, avec tour à tour colère, peur, fidélité, soucis d’identité. Il est la personnification d’un peuple opprimé, son porte parole. Certains diront que cette écriture a une dimension politique, ce à quoi le poète répond « le poète n’est pas tenu de fournir un programme politique à son lecteur ». D’autres lui attribuent une image de prophète, de barde que le poète tente de chasser pour aller à la rencontre de sa propre voix. Quoiqu’il en soit, et un peu malgré lui, le message de Mahmoud Darwich tend vers l’universalité et l’humanisme.


père, dis-moi
est-il vrai que tous les hommes, en tous lieux
ont du pain, des espoirs
et un hymne national ?
Pourquoi donc avons-nous si faim
et chantons-nous, tout bas, des poèmes tristes ?
[…]

Extrait du poème Chanson naïve sur la Croix-Rouge dans Rien qu’une autre année, traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi, éditions de Minuit 1983, page 35

Mais pour mieux le connaître, revenons un peu à son histoire… Chassé à l’âge de 8 ans avec ses parents de son village natal, Birwa, il part pour le Liban. Un an plus tard en 1950, la famille est de retour mais Birwa a disparue et est occupée par des colonies israéliennes ; ils sont contraints de vivre en semi-clandestinité à Dayr al-Asad. La famille est donc devenue étrangère sur sa propre terre. Ca en fait beaucoup pour un petit enfant en soif de paix.

- Où me mènes-tu, père ?
- En direction du vent, mon enfant

[…]

- Qui habitera notre maison après nous, père ?
- Elle restera telle que nous l’avons laissée mon enfant

[…]

Extrait du poème L’éternité du figuier de barbarie, dans Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude, trad de l’arabe par Elias Sanbar, éditions Actes Sud 1996, page 27


j’ai en tête une chanson
sur ma ville natale
dors, ô ma sœur
que je puisse l’écrire
j’ai vu ton corps
soulevé par des chaînes
ruisselant de couleurs
et je leur ai dit :
Mon corps est là-bas
ils ont interdit la place de la ville
[…]

Extrait du poème La chute de la lune, dans Rien qu’une autre année, traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi, éditions de Minuit 1983, page 57


Mahmoud Darwich écrit donc très jeune, cherchant l’apaisement des mots dans la dureté de l’exil. Il sera ensuite emprisonné à cinq reprises entre 1961 et 1967 pour avoir exprimé la douleur d’un peuple, l’occupation d’une terre, l’espoir de liberté qui brille dans les yeux de chaque palestinien. Il partira vivre à Beyrouth, au Caire, à Tunis, à Paris pour revenir s’installer à Ramallah en 1996, quelques mois après le retrait de l’armée israélienne.

t’aimer, ou ne pas t’aimer
je pars, je laisse derrière moi des adresses susceptibles de se perdre
j’attends ceux qui reviennent
ils connaissent les échéances de ma mort, et ils viennent
Toi que je n’aime pas lorsque je t’aime
les murs de Babylone sont étroits le jour, tes yeux sont larges
et ton visage se propage dans la clarté
Comme si tu n’étais pas encore née. Et que nous ne nous
soyons jamais séparés. Comme si tu ne m’avais jamais assassiné.
[…]

Extrait du poème Cantiques, dans Rien qu’une autre année, traduit de l’arabe par Abdellatif Laâbi, éditions de Minuit 1983,page 87

C’est son poème Identité qui dans les années 60, le fait entrer dans la légende. Identité dépasse les frontières et devient une hymne chantée par tout le monde arabe. La poésie de Mahmoud Darwich chante la patrie perdue avec l’utilisation du langage de tous les jours, des formules saisissantes, des mots qui frappent et martèlent le torse du monde.

Pays au point de l’aube,
Nous nous entendrons
Sur la part de terre dévolue aux martyrs.
Les voici égaux
Qui déroulent l’herbe
Pour nous rassembler !

Extrait de Etat de siège, traduit de l’arabe par Elias Sanbar, éditions Actes sud 2004, page 25


Le poète ne veut néanmoins pas être qualifié de « poète de la résistance » et ne souhaite pas que de son œuvre ne soit retenu que le côté politique. Il se dit poète de l’amour également. « Je voudrais être présenté au public israélien comme un poète de l’amour. Je veux que le public, tout le public, connaisse le poète qui est en moi, pas seulement le Palestinien qui est en moi » (Mona Choller, « Inscris ! Je suis poète », www.inventaire-invention.com, 2000).


Le cheval est tombé du poème.
Les Galiléennes étaient trempées
de papillons et de rosée,
qui dansaient sur les marguerites des près.

Les deux absents : toi et moi,
moi et toi, les deux absents.

Deux blancs époux de mouettes
conversent de nuit sur les branches des chênes.

Pas d'amour, mais j'aime
les poèmes d'amour
anciens qui protègent
la lune souffrante, de la fumée.
Poussées et tirées, tel le violon dans les quatuors,
je m'éloigne de mon temps
quand je me rapproche
Des reliefs du lieu...

Plus de place dans la langue moderne
pour fêter ce que nous aimons,
tout ce qui adviendra... fut.

Le cheval est tombé, baignant
dans mon poème
et moi je suis tombé, baignant
dans le sang du cheval...

Extrait de Le cheval est tombé du poème dans Ne t’excuse pas, éditions Actes Sud 2006, page 34


Pour s’affranchir de la pression collective, Mahmoud Darwich casse sans cesse le langage poétique employé par la poésie arabe. Il donne à lire dans chaque nouveau poème une rupture avec ce qu’il a pu écrire auparavant. Néanmoins ce n’est pas toujours sans difficultés car sa poésie donne à interprétation, la mère ou la femme deviennent la patrie, l’enfant devient le peuple. « On s’est habitué à penser que, pour moi, la femme, c’est la patrie. Il faut toujours que je prouve que je suis normal et que je fais l’amour avec des femmes, pas avec la terre ! » (« Mahmoud Darwich, poète de la Palestine », L’Humanité, op. cit.). C’est aussi que dans sa poésie, le lecteur peut avoir quelques peines à différencier l’intime du collectif, l’histoire du poète de celle de son pays, la rage de vivre du combat politique. Difficile pour Mahmoud Darwich de rester un simple poète lorsque son public l’acclame et voit en lui davantage un prophète en qui confier un peu d’espoir.


Ici, sur les pentes des collines, face au couchant
Et à la béance du temps,
Près des vergers à l’ombre coupée,
Tels les prisonniers,
Tels les chômeurs,
Nous cultivons l’espoir

Extrait de Etat de siège, traduit de l’arabe par Elias Sanbar, éditions Actes sud 2004, page 7


 


[…]
A quoi servirait le printemps clément
S’il ne tenait compagnie aux morts, s’il n’accomplissait,
Après eux, la joie de vivre et l’éclat de l’oubli ?
La clé de ma poésie serait là,
Ma poésie sentimentale du moins.
Et les songes sont notre seul mode de parole.
O mort, hésite et assieds-toi
Sur le cristal de mes jours,
Comme si tu étais l’une de mes amies de toujours,
Comme si tu étais l’exilée
Entre les créatures.
Toi seule es l’exilée. Tu ne vis pas ta vie.

Ta vie n’est que ma mort. Tu ne vis ni ne meurs
Et tu enlèves les enfants à la soif du lait pour le lait.
Jamais tu ne fus
L’enfant bercé par les chardonnerets.
Jamais les angelots et les bois du cerf distrait ne t’ont cajolée
Comme ils nous ont cajolés, nous,
Les hôtes du papillon.
Toi seule es l’exilée, ô malheureuse.
Aucun homme ne te serre contre sa poitrine,
Qui partage avec toi
La nostalgie de la nuit écourtée par la parole libertine
Fusion de la terre et du ciel en nous.
Tu n’as pas donné naissance à un enfant qui vient à toi, implorant :
Mère, je t’aime.
Toi seule es l’exilée, ô reine des reines.
[…]


E xtrait de Murale, Editions Actes-Sud , page 29-30


Mahmoud_Darwich_Les_po_tes_ne_meurent_jamais
http://basta.20six.fr/basta/art/92955747/
 
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  Il meurt lentement
Date de publication : 04/08/2008

Il meurt lentement

celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n’écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver

grâce à ses yeux.

Il meurt lentement

celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement

celui qui devient esclave de l'habitude

refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

de ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d'émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu'il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!

Risque-toi aujourd'hui!

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d'être heureux!

Pablo Neruda  Prix Nobel de Littérature
http://basta.20six.fr

 
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  Quand le corps se fait prison
Date de publication : 29/07/2008

Quand le corps se fait prison
D'un esprit qui veut se libérer
D'une vie dans laquelle il ne veut plus s'incarner
Parce que cette incarnation ne peut se faire que dans un monde
Dans lequel il ne se reconnaît pas comme
libre

Alors
Tout n'est que souffrance
Mal-être
Douleur
L'instant se fait éternité
Perpétuité d'une mort blanche
Qui consume sans brûler
Qui blesse sans tuer
Qui vide sans anéantir
Qui étouffe sans étrangler

Esprit-follet
D'une pensée en recherche
D'un ailleurs
Qui ne sera jamais ici
Car ici est un non-sens
Un non-réel
Dans l'univers carcéral

Esprit dont la seule musique
Est l'indifférence de l'Autre
Cet Autre dans lequel il se reconnaît comme humain

Mais qui
L'ignorant
Le bannit de l'humanité
Marche aveugle
Silencieuse
Dans l'obscurité du questionnement sans réponse
De la phrase sans point final
Déambulation circulaire
Dans un présent qui est un nulle part

Un jamais
L'horizon est un avenir mort-né

Enfoui dans les décombres d'un passé sans promesse de
Présent
L'être malade de son corps
Se meurt sans mourir
De vivre sans être


latinamericanstudies.org/che-autopsy-1.htm.
 
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  LA PAIX
Date de publication : 25/07/2008

La paix est d'offrir une fleur
à un enfant qui pleure
et qui souffre dans ce monde de guerre.

La paix est de dessiner la colombe du bonheur
la paix c'est de l'eau qui coule entre les lèvres de la terre
la paix est de manifester contre les oppresseurs.

la paix est de laisser des traces de sourire sur les lèvres
la paix c'est vivre heureux sur sa terre
la paix c'est de faire la guerre à la guerre.

la paix est une lune pleine de lumières
la paix est de vivre malgré les malheurs et les martyrs
la paix c'est lutter sans détruire un jour
la paix est d'offrir aux générations futurs des valeurs.

la paix c'est bâtir, construire et offrir
la paix c'est aider les jeunes qui souffrent
la paix c'est soulager les enfants qui pleurent.
malgré les différences des couleurs.

la paix est de donner espoir
pour ceux qui jusque dans la mort
ont la force de vivre ensemble
car ils méritent notre regard.

la paix c'est grandir sans peur
c'est détruire les murs
et oublier les frontières

la paix c'est aimer toutes les couleurs
la paix c'est créer un monde plus solidaire
un monde plus libre et plus prospère.

la paix c'est planter des fleurs
la paix est d'oublier la haine la douleur
et penser à des jours meilleurs
la paix c'est d'avoir un grand coeur

pureriffia /  Blog

 La Poésie est une arme

 
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  J'accuse
Date de publication : 18/07/2008
J'accuse ceux-là

Qui nous conduisent en état d'ivresse

Qui roulent à tombeau ouvert

Sans savoir s'arrêter

Non assistance à planète en danger
J'accuse ce délit

De fuite devant l'humanité

Ce constat à l'amiable

Ce procès d'intention

Je le signe de mon propre nom
Je vous condamne et que Dieu ait votre âme

Les jurés sont des enfants

Qui n'osent jamais juger les grands

Moi Je vous condamne pour votre incompétence infâme

Les jurés ont des regards

Qui ont besoin encore de vous croire



J'accuse ceux-là

Qui se conduisent en état d'ivresse

Qui ne regardent jamais derrière

Tous ces peuples couchés à terre

Non assistance à planète en détresse



J'accuse aussi

Ces signes extérieurs de richesse

Ce droit du plus fort

De n'avoir jamais tort

Je le signe de ma propre faiblesse

Je vous condamne et que Dieu ait votre âme

Les jurés sont des millions

Qui n'ont pas leur mot à dire au fond

Je vous condamne pour votre inconscience infâme

Les jurés seront des milliards

A vous condamner et s'il n'est pas trop tard
J'accuse la fatigue

Que je lis dans tous vos regards

Cette folie dans vos phares

Qui n'éclairent que vos noms

Non assistance à planète en perdition
Je m'accuse moi-même

De n'avoir jamais pris ce volant

De vous avoir laissé faire

Pour écrire quelques poèmes

Je le signe de mes propres descendants
Je vous condamne et que Dieu vous damne

Les jurés ne savent pas croire

Que vos âmes soient si noires

Je vous condamne pour tout ce qui se trame

Les jurés seront déjà morts

Alors que vous vivrez encore


Paroles  de Jean MARTIN
http://basta.20six.fr/
 
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  Le silence frappe à la porte
Date de publication : 15/07/2008

Le silence frappe à la porte

Qui est-ce, demandé-je

Pas de réponse

Le silence frappe à la porte

Qui est-ce, redemandé-je en haussant la voix

Toujours pas de réponse

Le silence frappe à ma porte

J'ouvre la porte

Personne

Je scrute la nuit de toutes parts

Personne

Je rentre

Et à nouveau le silence frappe à la porte

Je rouvre

Appelle

Personne

Rien

Le silence

Rien, vraiment rien ?

Non, l'indifférence

Cette indifférence de personne

qui fait que je deviens personne

autrement dit

rien

Et le rien que je suis

étouffé par le silence de l'indifférence

se fait silence

Mais un silence qui ne s'en va pas frapper à une porte

Un silence

qui est

rien

ou

à vrai dire

rien d'autre que l'écho

de l'indifférence

[jccabanel]
http://basta.20six.fr/

 
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  Où vous situez-vous?
Date de publication : 13/07/2008

Si vous vous êtes levé ce matin avec plus de santé que de maladie,
vous êtes plus chanceux que le million de personnes qui ne verra pas
la semaine prochaine.

Si vous n'avez jamais été dans le danger d'une bataille,
la solitude de l'emprisonnement, l'agonie de la torture,
l'étau de la faim, vous êtes mieux que 500 millions de personnes.

Si vous pouvez aller à l'église sans peur d'être menacé,
torturé ou tué, vous avez une meilleure chance que 3 milliards
de personnes.

Si vous avez de la nourriture dans votre frigo, des habits
sur vous, un toit sur la tête et un endroit pour dormir,
vous êtes plus riche que les 75% des habitants de la terre.

Si vous avez de l'argent à la banque, dans votre portefeuille
et de la monnaie dans votre petite boîte, vous faites partie
du 8% les plus privilégiés du monde.

Si vous lisez ce message c'est parce que vous ne faites pas
partie des deux milliards de personnes qui ne savent pas lire.

  • La démocratie
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      Le monde est sourd
    Date de publication : 09/07/2008

    Pendant qu'on se promène
    L'enfant pour cinq francs la semaine
    Vient broder des survêts
    Pour l'homme blanc qui golfe en voiturette
    Sale temps sur la planète
    Oh le drôle, le drôle de temps
    Porter secours c'est défendu
    Le monde autour est sourd, bien entendu

    Chercheur contre nature
    Truqueur, sur l'honneur qui jure
    Faut pas que ça vous inquiète
    J'ai bien connu l'animal mort dans votre assiette
    Sale temps sur la planète
    Oh le drôle, le drôle de temps
    Porter secours c'est défendu
    Le monde autour est sourd, bien entendu

    Tricheur à la tribune
    Menteur amassant la fortune
    Grimpeur dans la tempête
    Rien que des doses d'eau claire au fond de la musette
    Sale temps sur la planète
    Oh le drôle, le drôle de temps
    Pas de témoin une fois de plus
    Le monde autour est sourd, bien entendu

    Cendrillon tombée d'un coin du Sahel
    Perdue
    Sur un bout de papier me lance un appel
    Met dessus
    Melle dit "c'est où exactement
    C'est où exactement la Tour de Babel"

    Monsieur sort de l'église
    Heureux que les hommes fraternisent
    Son fils qui lui fait la tête
    Et lui qui court acheter le fusil et les fléchettes
    Sale temps sur la planète
    Oh le drôle, le drôle de temps
    Porter secours c'est défendu
    Le monde autour est sourd, bien entendu

    Pendant qu'on se promène
    L'enfant pour cinq francs la semaine
    Chercheur contre nature
    Bien caché derrière sa devanture
    Tricheur à la tribune
    Et nous, tous les applaudir
    Comme la lune
    Comme la lune...

    Francis Cabrel
    La Poésie est une arme

     
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      Ô MÈRES !
    Date de publication : 06/07/2008

    PARCE QUE LE MOT QUI NE PEUT PAS STOPPER LA GUERRE PEUT L’EMPÊCHER DE SE DRAPER DU BIEN.

    Ô MÈRES !

    Mères du Monde entier,

    à quand notre mot de passe

    pour enterrer la guerre,

    vraie parole de femme, parole d’amour,

    distillée à nos petits d’hommes

    dès leur séjour dans notre cœur ?

    Jusqu’ici, hélas, Mères,

    nous n’avons rien trouvé à dire de convaincant.

    Quel indécent mutisme !

    Et quel lent supplice

    pour un monde à l’envers et violent...

    Un monde souffrant de démence.

    De bruit. Et de notre silence

    Nous avons étouffé nos mots

    dedans nos cris, dedans nos plaintes,

    dedans nos sourires contraints

    dans nos corsages, sous nos jupons,

    entre nos cuisses...

    dans les cuisines, dans les hospices,

    sur les écrans,

    dans les "mines-de-rien" des salons,

    dans les églises...

    Nous avons ravalé nos paroles

    avec nos larmes et nos soupirs... de séduction.

    Paroles encore trop soumises

    ou timides.

    Ou parfois, pour tout dire, nous avons laissé

    s’échapper des mots,

    des mots injustes, des mots de trop,

    paroles incontinentes et blessantes,

    paroles de poing,

    armes défensives, offensives,

    paroles piquées de venin,

    fausses, masquées,

    ou mesquines,

    douces-amères, bavardes, frivoles,

    encore tout enflées de non-dit,

    ou paroles presque folles

    de regret, de rage ou d’envie,

    aussi violentes pour les âmes

    que viols d’homme pour les corps et les esprits.

    Inséparables, ô Mères,

    ces deux crimes contre la personne

    et l’Humanité !

    jumelés... mariés,

    à la vie, à la mort !

    Pour l’Amour,
    rompons ce sombre accord.

    De toutes les sortes de guerres,

    nous avons à guérir aujourd’hui

    avec nos fils blessés, mutilés,

    trop souvent abattus,

    sur le champ,

    au grand jour,

    sacrifiés pour rien.

    sans mot dire à leur tour...

    La violence,
    leur avons-nous crié à l’oreille,
    c’est votre affaire.

    c’est l’affaire des hommes,

    c’est leur monde,

    c’est leur lot,

    c’est leur architecture,

    c’est leur prison

    Mais nous y sommes encore,

    enfermées avec eux,

    acceptant barreaux et serrures,

    complices des souillures

    et de l’obscurité.

    Car sur tous les envers de médailles,
    sur la peur derrière les courages,

    la nôtre, la leur,

    sur chaque dessous des dentelles,

    sur la cire brûlante des cierges,

    sur le dedans des fusils

    comme sur le tranchant des couteaux

    et sur le bord heurtant des ailes,

    nous, Mères,
    nous sommes restées muettes.
    Silence...


    Pendant que nos petits s’inventaient des guerres,

    des victoires et des galons,

    nous les avons laissés faire...

    sans vergogne.


    Nous les avons laissés, sans gêne,

    se durcir, marcher au pas,

    et s’entraîner pour la haine

    pour l’horreur,

    pour le pire.
    Fières de nos petits soldats pour rire...

    nous les avons laissés jouer, sans contrition, avec le feu,
    soldats de cire, soldats de bois,
    soldats de plomb, soldats de fer,
    nous les avons laissé partir, sans manières,
    au combat.

    Là, ils ne jouent pas, ils tuent : des enfants, des frères, des mères...

    Et ils tombent, soldats de chair,

    blessés au Front.

    Croix et calvaire,
    Désolation...

    C’en est assez !

    Rompons !

    Au plus grand plaisir de leurs pères,

    nous avons élevé, comme il faut,

    des petits guerriers de réserves,

    des fils chairs-à-canons,
    sur l’autel mâle de la puissance.

    Quelle mortifère déférence !
    "Des hommes forts", avons-nous dit,

    comme en écho à leurs fusils et à leur casses,

    Pas de peur, pas de pleurs, promis :
    ils seront braves et vaillants.
    Cuirassés sans cœur,
    derrière blindés et chars d’assaut,
    ils défendront enfants, pays,

    argent, pétrole, tyrans d’ici
    et châteaux en Esapgne.

    Violeurs des mille et une nuits,

    ils verseront, dans le désert, leur sang et leurs entrailles,

    et se crèveront la peau pour que le plus fort gagne.

    Mais nous la faisons avec eux, la guerre,

    bien plus souvent que l’amour

    pour que la Terre tremble ainsi,

    peureuse, menacée, épuisée entre nos mains blanches,

    Terre battue, abusée,

    depuis longtemps, depuis toujours.
    So. So So...

    Nous avons été solidaires de la folie...

    ô Mères ! So stupid !

    Rompons.

    Pour la suite du Monde,
    cessons nos connivences
    avec cet immonde gâchis,
    cette Babel de violence.

    Vite, parlons d’aimer.

    Retrouvons la Parole cachée

    pour mieux l’entendre, la dévoiler,

    la murmurer, la scander, la jurer,

    la crier sur les toits,

    Ne plus jamais la taire

    Pour le repos de nos frères,

    Inventons, avec ces mots-là,

    une comptine, une berceuse,

    un poème, un air inédit

    qui soulagera la Planète,

    ouvrira les yeux de la Vie,

    Oui, écrivons, avec ces mots-là,

    une "nouvelle testamante"

    une évangile du cœur

    Pour que survive la Terre :
    Repos, guerriers.
    Soldats, rompez !

    Nicole Hébert

    http://basta.20six.fr.

     
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